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maire

  • Dans la zone grise

    A ce stade du mandat apparaissent les premières fissures au sein de l'équipe municipale.

    Fin de conseil municipal, séquence des "questions diverses", façon questions au gouvernement :

    "Mais, dit un conseiller, n'avions-nous pas dit que les saisonniers devaient être recrutés parmi les jeunes de la commune ?

    - En effet, répond le Maire, sur la défensive.

    - Alors comment se fait-il que parmi eux se trouve un jeune de XXX (la commune d'à côté) ?

    - Ecoutez, répond le Maire imperturbable devant les mines réprobatrices, je n'ai pas en tête les adresses de tous nos saisonniers, je vous fournirai des explications lors de la prochaine séance."

    Je suis saisie d'un doute affreux. Avons-nous vérifié, lorsque nous avons recruté ce jeune, qu'il était bien de la commune ? Et quelle importance après tout ? Car être de la commune, n'est-ce pas aussi être le fils de ... ou la nièce de ... ? Est-ce que les fautifs ne sont pas nous, les services municipaux ? Qui a décidé ce recrutement, déjà ? Car, pour des saisonniers, on ne mobilise pas toujours les élus pour un entretien de recrutement. Et puis d'abord, ce critère de recrutement, n'est-il pas discriminatoire ? Est-ce que je peux décemment le mettre dans le compte-rendu qui paraîtra dans les journaux ? Cette préférence locale m'agace, mais je n'ai pas voix au chapitre.

    J'écoute l'opposant mettre en doute la transparence de la gestion municipale, sans pouvoir intervenir, et en me disant que c'est peut-être ma faute ou du moins que j'aurais pu éviter cela. Zone grise...

     

     

  • Admiration

    Le conseil municipal commence. Le Maire et moi avons à peine eu le temps de nous voir avant la séance, et comme d'habitude, au cours de la semaine, des points se sont ajoutés à l'ordre du jour. Je lui ai glissé des indications au crayon dans la note de synthèse dont il se sert comme fil conducteur. Les points défilent sans trop de difficulté, les délibérations sont votées à l'unanimité, tout va bien. Arrive un point plutôt technique, l'approbation du rapport annuel sur la qualité du service public des ordures ménagères, et soudain je réalise que j'ai sous-estimé l'intérêt que les conseillers pouvaient porter à ce rapport épais, truffé de chiffres et globalement imbitable. Ils le pressent de questions sur le contenu du rapport alors qu'il ne l'a pas lu... Tandis que je retiens ma respiration, le Maire se livre alors à un exercice périlleux : il prend connaissance du rapport en même temps qu'il le présente à l'assemblée, avec le ton vaguement désabusé d'un expert qui consent à se livrer à de la vulgarisation scientifique. J'observe les réactions, les élus n'y voient que du feu. Chapeau.