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12/07/2013

Tout le monde se lève pour (con)damner

Je suis tombée sur ce fait divers qui s'est passé dans une cantine à Angoulême : des agents municipaux, excédés, barbouillent de crème dessert des enfants.

Je me disais qu'en tant que DGS, si ça se produisait dans ma collectivité, je serais obligée moi aussi de prendre un ton offusqué et de proposer des sanctions à l'encontre du personnel. Et pourtant, comme je les comprends, ces agents municipaux... Pour avoir fait l'accompagnatrice à la cantine, j'ai pu observer des comportements hallucinants chez certains enfants qui manifestement ne connaissent aucune limite. Quels sont les moyens du personnel, si on ne peut ni taper, ni crier, ni faire mettre la tête dans les mains (dans ma collectivité, les parents d'élèves se sont émus de cette pratique !)... ? Certes, il y a le permis à points, l'exclusion... mais dans l'un moment de crise, face à un enfant surexcité, on se sent démuni. Heureusement, il reste la Danette.

 

 

24/05/2012

On nous parle mal

Passons sur les courriels sans formule de politesse, sur les rappels de la Préfecture formulés d'un ton sec et supérieur, sur les relances agressives des fournisseurs en attente de règlement, tout ceci ne saurait ébranler le fonctionnaire territorial habitué à jongler avec les délais.

Non, ce qui m'exaspère, c'est cette nouvelle tendance qui consiste à relancer avant la date butoir. Je le constate de plus en plus dans les services de l'Etat, à croire que la réduction des effectifs n'a pas porté sur cette catégorie de personnes capables de se fendre d'un courrier pour dire "vous deviez rendre le document pour le 31, nous sommes le 15 et nous n'avons toujours rien reçu". C'est infantilisant et donne envie de mordre. A-t-on déjà entendu un surveillant du bac dire "il vous reste une heure et vous n'avez pas encore rendu votre copie" ?

25/01/2012

"Le machin" de la territoriale

Décidément, dur dur pour le CNFPT. Après avoir digéré les remarques du rapport de la Cour des comptes et pris les mesures qui s'imposaient, voilà qu'il a sur le dos le très lu magazine Capital qui dans son numéro de fin d'année, à la recherche d'économies substantielles, assassine l'établissement avec force amalgames et raccourcis. Qualifiée de "grand opérateur de l'Etat" (sic), l' "école des fonctionnaires" s'en prend plein la figure pour pas un rond. Du coup, mon maire, qui est également patron, a uniquement retenu que dans "ce machin" :

- les formations sont inadaptées, pour preuve le taux d'absentéisme (sans jamais se demander si ce ne sont pas les agents qui subissent des changements de planning de dernière minute ou une réunion brusquement décalée, quand ce ne sont pas les refus de remplacement dans les très petites collectivités),

- le président, les administrateurs, les formateurs sont grassement payés. Pour donner de temps en temps des formations (jusqu'à 8 jours par an sur mes RTT), je reconnais que la rémunération est intéressante, voire motivante, mais pas délirante (de l'ordre de 200 € par jour pour un travail qui demande une préparation et consomme énormément d'énergie, pas facile de se retrouver devant 20 stagiaires avides de connaissances). Quant au contenu des formations, hormis dans le domaine informatique où la concurrence existe, qui peut mieux que le CNFPT et pour le même prix, nous former sur les marchés publics, les finances locales, le statut, où trouver un stage de soudure ou de maçonnerie ?

Bon, je ne fais pas l'apologie du CNFPT et je reconnais le bien fondé des remarques de la Cour des comptes, - moi-même j'ai connu des périodes comateuses à l'ENACT où, durant mon stage d'attaché, j'ai passé quelques semaines -, mais ça m'embête si les élus se mettent à décrier notre principal organisme de formation. J'avais déjà assez de mal avec certains agents réfractaires qui, à chaque fois, me sortent la même vanne : "on s'en va encore en déformation professionnelle" ? Et reviennent bien souvent enchantés.

20/07/2010

La caisse noire (2) ou comment se débarrasser du corps

Dûment admonestés par le Trésor Public, nous dûmes mettre fin à cette pratique de photocopies et faire disparaître la caisse noire. Mais comment faire ? "Je ne veux pas le savoir !" nous dit le Trésorier.

"On pourrait se payer un bon resto, non ?

- Ce n'est pas raisonnable, toute la mairie qui règle en espèces, ça va faire louche, même si on va déjeuner dans la commune voisine.

- Ou alors on fait un don à la caisse des écoles ? Au CCAS ?

- Ah oui ? Et ils vont mettre quoi dans leur comptabilité, comme donateur ?

- Bon, y'en a pour combien ? On n'a qu'à se la partager entre nous tous, la caisse noire. Après tout, j'ai bien mis 20 centimes de ma poche un jour où on ne tombait pas juste dans la régie cantine...

- Ah non hein, pas de ça !

- Ben on n'a qu'à la garder en cas de coup dur...

- C'est ça, et si l'argent disparaît un jour, tout le monde soupçonnera tout le monde.

- La meilleure solution consiste à acheter un cadeau pour tout le service, dit un collègue qui jusque là s'était tu. J'ai lu une jurisprudence là-dessus, si le cadeau est collectif, nous ne sommes pas attaquables.

- Oui, mais alors pas trop kitsch, le cadeau, hein ? On connaît vos goûts..."

Voilà pourquoi, depuis ce jour, un tableau de maître trône à l'accueil. Bien en vue, selon le principe où plus on le voit et moins on le voit. La lettre volée, en quelque sorte.

"Quelle belle reproduction !" disent les connaisseurs.

Nous nous regardons en coin. Une reproduction, tu parles...

 

19/07/2010

La caisse noire (1)

Tôt ou tard, dans sa vie professionnelle, le fonctionnaire est amené à connaître l'existence d'une caisse noire [murmures horrifiés]. Bien sûr, il y a celles des ministres, mais si l'on s'amusait à ouvrir tous les tiroirs des administrations de ce pays, les enveloppes de Mme Bettencourt paraîtraient peut-etre ridiculement chiches en comparaison.

(Une différence notable consiste toutefois en l'utilisation qui est faite de ces sommes fantômes.)

Tenez, par exemple, il y a la caisse noire des photocopies à la mairie. Il faut dire que la perspective de créer une régie, de nommer un régisseur, de faire des dépôts au Trésor Public tous les mois, de tenir un registre, tout cela pour encaisser quelques centimes, nous fait parfois baisser les bras.

Il convient cependant d'être vigilant, surtout quand le Trésorier tient une permanence dans vos locaux et entend tout ce qui se dit à l'accueil.

"Bonjour Madame.

- Bonjour, c'est pour des photocopies.

- Oui, bien sûr.

[Wzzzzzz, dit le photocopieur en crachant ses feuilles.]

- Combien je vous dois ?

- Mais... rien du tout.

- Ah bon, c'est gratuit aujourd'hui ?"

Gasp. Derrière sa table, le Trésorier a levé un sourcil.