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Le blues du DGS

  • Mecsplication

    Notre collectivité ayant franchi le seuil fatidique des 50 agents, nous créons notre comité social territorial. J'ai passé du temps à éplucher les nouveaux décrets car, bien sûr, le droit n'est pas resté constant depuis les dernières élections professionnelles, ce serait trop facile. Et voilà que je me vois seriner doctement par le délégué syndical, missionné en douce par un élu, qui m'explique qu'en tant que DGS je ne peux pas siéger au sein du collège des représentants de la collectivité. Qu'un élu s'y oppose, passe encore, on peut entendre dans sa bouche qu'il y a "les élus d'un côté et les agents de l'autre", ce n'est après tout qu'un élu (même si cette vision des choses montre une profonde incompréhension de la nature du poste fonctionnel). Mais que le syndicat ne voie pas d'un bon œil le DGS siéger au CST, cela m'interroge forcément. Je me demande ce qui se trame dans tout cela, si c'est l'orgueil d'un homme qui ne veut pas perdre la face (car il a déjà affirmé à son élu qu'une telle nomination n'était pas légale) ou s'il y a autre chose. En tout, force est de constater que je viens d'être victime de mecsplication (ou mansplaining) et que je n'ai pas eu assez confiance en moi pour lui rentrer dedans. Cela augure bien de ce comité que je voulais apaisé et constructif.

  • Sic

    Ma belle-mère : "Alors, ça approche les élections ?
    Moi (méfiante) : Ben oui...
    Ma belle-mère (agressive) : Moi je ne vais pas voter, de toute façon on ne peut pas rayer de nom, et puis le maire, pour ce qu'il fait...
    Moi (marchant sur des œufs) : Je crois que je ne vous ai jamais entendu dire du bien du maire de votre village, quel qu'il soit, non ?
    Ma belle-mère (vindicative) : Faut dire que celle qui devrait être maire, c'est la secrétaire de mairie, non mais c'est vrai quoi, c'est elle qui fait tout là-dedans !
    Moi (désabusée) : En même temps, elle est payée pour... Vous savez, Maire, ce n'est pas un métier, c'est une fonction !
    Ma belle-mère (démocrate) : Et puis ça sert à quoi de voter, si c'est pour une liste entière, ils vont tous être élus ?
    Moi (pédagogue) : Mais non, c'est à la proportionnelle ! Vous voulez que je vous explique la répartition des sièges ?"
    Etc.
     

  • Dans la série "les gens ne sont jamais contents" (2)

    Régine-trente-cinq-ans-de-mairie me fait remarquer une fois de plus que nous consommons des quantités grandissantes de papier. C'est son antienne. Je suis obligée d'en convenir, en lui rappelant que certes nous recevons beaucoup moins de courrier papier et beaucoup plus de courriels, avec des pièces jointes que nous imprimons, mais que nous faisons des économies par ailleurs (déjà on gagne un temps fou à l'enregistrement du courrier "papier") et que nous aussi nous envoyons des pièces dématérialisées.

    "Tiens, justement, cette année on peut envoyer la liste électorale sous forme dématérialisée. Vous l'avez fait pour la liste complémentaire ?

    - Non, j'ai pas confiance."


  • Dans la série "les gens ne sont jamais contents"

    Une collègue s'en va dans dix jours en congé maternité. Elle ne cesse de traquer la faute chez la personne qui a été recrutée pour la remplacer. Je finis par lui faire remarquer que, si nous avions recruté une "perle", elle serait partie avec la peur de se faire supplanter par cette personne, comme cela arrive parfois... Alors, entre la peste et le choléra, elle n'a pas le choix, il va bien falloir accoucher !



  • La vieille et la venelle

    Elle est assise devant moi, le menton tremblant, les mains serrées sur un mouchoir.

    "Vous comprenez, c'est devenu infernal, ces jeunes, ils jettent de la terre sur nos fenêtres, ils nous insultent. Il faut fermer ce passage !"

    Je mime la compassion. Elle m'emmerde franchement. Je sais par ailleurs que c'est elle qui insulte les gens qui empruntent cette fichue venelle sous ses fenêtres dont elle n'a jamais voulu.

    "On n'en dort plus, on ne pense qu'à ça. Alors vous, vous allez fermer le passage !"

    J'essaie de lui expliquer que les élus ne seront certainement pas d'accord pour fermer ce passage très utile pour rejoindre le centre-bourg. Elle me sort alors la menace suprême.

    "Et encore, là, vous avez de la chance que ce soit moi, parce que si c'est mon mari qui vient, ce s'ra une autre chanson !"