Journal d'une attachée détachée - Page 8
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Courage, dématérialisons !
Je sors, la tête farcie, d'un énième rendez-vous avec un fournisseur de solutions informatiques en vue de la dématérialisation de nos documents. Avec l'approche de l'échéance de 2014 - pas celle des municipales, celle du fameux PES V2, le nouveau protocole d'échange standard de la Direction des Finances - nous allons enfin passer à la transmission dématérialisée des pièces justificatives : factures, devis, bons de commande, marchés. Du coup, je suis assaillie de demande de rendez-vous des prestataires informatiques de la région. Open Bee, Nérios, Therefore, c'est toute une panoplie de solutions, toutes différentes, toutes séduisantes, mais impossibles à comparer entre elles. Ceci dit, il y a toujours une faille."Et... pour les factures écrites à la main, sur papier autocopiant au format A5, on fait comment, ça reconnaît les caractères quand même votre technologie OCR ?- Comment ça, des factures à la main ?- Ben oui, la boulangerie du coin de la rue qui fournit la cantine, la station d'essence où vont les véhicules municipaux...- Ah non, là ça océrise pas, ça océrisera pas du tout..." a reconnu le commercial d'un air soudain très las. -
Tout le monde se lève pour (con)damner
Je suis tombée sur ce fait divers qui s'est passé dans une cantine à Angoulême : des agents municipaux, excédés, barbouillent de crème dessert des enfants.
Je me disais qu'en tant que DGS, si ça se produisait dans ma collectivité, je serais obligée moi aussi de prendre un ton offusqué et de proposer des sanctions à l'encontre du personnel. Et pourtant, comme je les comprends, ces agents municipaux... Pour avoir fait l'accompagnatrice à la cantine, j'ai pu observer des comportements hallucinants chez certains enfants qui manifestement ne connaissent aucune limite. Quels sont les moyens du personnel, si on ne peut ni taper, ni crier, ni faire mettre la tête dans les mains (dans ma collectivité, les parents d'élèves se sont émus de cette pratique !)... ? Certes, il y a le permis à points, l'exclusion... mais dans l'un moment de crise, face à un enfant surexcité, on se sent démuni. Heureusement, il reste la Danette.
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Boeuf carotte
J'ai mis quelques secondes à comprendre qu'il me croit fonctionnaire à l'Inspection Générale des Services. Ou peut-être à la D.G.S.E. ?- Ben oui, vous êtes de la DGS !"- Pardon ?- Ou la la, j'vais me tenir à carreau maintenant !- Oui, c'est maville.dgs@ville.fr. Oui, D... G... S... comme direction générale des services.- Oui, dites-moi votre adresse.- Par courriel, vous ne préférez pas ?Je commande des consommables pour le photocopieur."Vous avez un fax pour que je vous envoie le devis ? -
Fast(food) and furious
Le cuisinier en chef de la cuisine centrale m'apporte ses justificatifs de frais suite à une formation professionnelle. Celle-ci portait sur le Plan national Nutrition et Santé, et l'application du décret du 30 septembre 2011 relatif à la qualité nutritionnelle des repas servis dans le cadre de la restauration scolaire.J'épluche ses tickets de caisse : au menu, Mac Do, Mac Do et encore Mac Do. Trois fois en deux jours.
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Un peu marre
Tiens, ça y est, les effectifs de la FPE sont inférieurs à ceux de la FPT. Je sens qu'on va encore nous taper dessus.Les rémunérations des fonctionnaires territoriaux ne doivent jamais dépasser celles des agents de l’État. Pourtant, que je sache, il n'y a pas de hauts fonctionnaires dans la territoriale (j'entends par là les dirigeants des grandes entreprises publiques ou semi publiques).La Préfecture nous transmet une synthèse des observations faites aux collectivités dans le cadre du contrôle de légalité. Elle commence par rappeler le sacro-saint principe de non rétroactivité des actes, et deux pages plus loin, cite un décret ministériel qui lui-même sort au mois d'avril avec un effet rétroactif au 1er janvier 2013 (l'affiliation des indemnités de fonction des élus au régime général de la Sécu).L’État, toujours exemplaire, est le premier employeur d'agents contractuels, vacataires, bref précaires, et oblige les collectivités à se lancer dans la titularisation de leurs contractuels.