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10/12/2013

Pourquoi dit-on un P 503 ?

Comme beaucoup de DGS, j'ai appris les finances publiques sur le tas. D'ailleurs, hormis des formations généralistes qui englobent le droit public, les finances, etc., existe-t-il un diplôme de comptable public, de niveau bac pro par exemple ? Finalement, nous sommes tous des autodidactes en la matière. Ce qui explique pourquoi, lorsque je téléphone au trésorier, j'ai toujours la même hésitation que l'écolier face au maître. J'ai l'impression que je vais me faire taper sur les doigts, et ce même après 15 ans d'expérience et après avoir piloté des budgets de plusieurs millions. Et le trésorier, au bout du fil, m'assène comme à plaisir des nomenclatures exotiques, des écritures d'ordre que je note fébrilement, des états fiscaux et autres P 503. Comment font-ils pour retenir tout cela ? Le pire, c'est pour les budgets de lotissement, une sombre mécanique dont seul l'inventeur sait le secret, et qu'on se contente de recopier bêtement. Et puis, je ne sais jamais comment prononcer les numéros de compte : 21571, dit-on deux-cent quinze soixante et onze ou vingt-et-un cinq cent soixante et onze ? Cette mélasse dans laquelle beaucoup d'entre nous sommes plongés, c'est un véritable tabou qu'il va falloir lever un jour ! Et, pour commencer, j'aimerais bien savoir pourquoi on dit un P 503...



05/12/2013

Le business des annonces légales

Tiens, voilà une question que je me pose tout à coup : est-ce que l'argent des annonces légales va entièrement au support de communication ? Est-ce que les journaux reversent à l'Etat une taxe sur les annonces légales ? Quand on voit le prix des annonces pour la moindre enquête publique (plus de 500 € pour notre enquête publique de PLU), et sachant que nous sommes plus de 40 000 collectivités territoriales à pouvoir publier des annonces légales, ça fait un joli montant... Après quelques recherches, je vois que la loi en vigueur remonte à René Coty. L'annonce légale, serait-ce plus juteux que le parfum ?



01/12/2013

Quand l'administré est une star

La star a une vie matérielle, un domicile, un compteur d'eau, des papiers à faire, elle a des enfants, fait des travaux dans sa maison, bref, la star a forcément, tôt ou tard, besoin de venir à la mairie en personne. En général, elle n'arrive pas incognito, la star. Elle est reçue dans un bureau, pas au guichet. Quand une star vient s'installer dans la commune, on le sait bien longtemps avant, par une indiscrétion du notaire, du vendeur qui en profite pour se faire mousser un peu : "Oui, je m'en vais, je change de vie, ça devenait petit, ah, au fait, j'ai vendu à Depardieu" (c'est juste un exemple). Et c'est là que, en tant que DGS, j'observe avec stupeur la façon dont tout le monde, aussi bien les élus que les collègues, se met à piétiner allègrement les principes du service public : équité, neutralité, continuité.

Dans ma petite commune semi-rurale, plusieurs personnalités ont un pied-à-terre. Bien sûr, ce n'est jamais un domicile permanent, juste une bicoque (de 300 m²) pour passer les week-ends. Alors, la star, quand vient l'enquête publique du PLU, vient s'assurer que ses biens ne sont pas trop malmenés. Mais la star n'attend pas que le commissaire enquêteur soit libre, non non non, la star fera envoyer un courrier par son avocat. Ou bien la star entreprend de gros travaux sans permis de construire. Le Maire se dit que son devoir est de l'informer de ses obligations, car elle ne doit pas savoir, la star. Il envoie donc un gentil courrier pour demander une régularisation. La star ne prend pas la peine de répondre, et envoie son architecte régler la paperasse. Mais l'architecte en question est aussi une star, et on s'aperçoit qu'il n'est pas habilité à signer un permis de construire, car de diplôme d'architecture point ! Il est juste décorateur...

Dans toutes ces situations, le DGS désemparé ose suggérer au Maire un peu plus de fermeté, alors il lui répond emploi local (la star, pas bête, fait travailler les artisans du coin), notoriété, entregent utile pour de prochains dossiers, levier politique, sponsoring de clubs sportifs. Le DGS, dépité, s'en retourne à son bureau et, faussement blasé, déclare à la cantonade : "Ah, quelle plaie, j'ai encore dû recevoir Depardieu..."

15/11/2013

Le guichet unique réseaux et canalisations : énorme déception

Depuis quelques mois, nous nous préparons à exploiter pleinement ce nouvel outil qu'est le guichet uniquement "réseaux et canalisations". L'objectif est de centraliser les demandes de renseignements et DICT pour consulter les concessionnaires de réseaux avant d'entamer des travaux. Bref, pour éviter de percer la canalisation de gaz en installant un poteau d'éclairage public.

Après une approche laborieuse, nous avons enfin créé nos trois comptes "collectivité", "exploitant de réseaux" et "déclarant de travaux". Déjà, pourquoi ne pas avoir centralisé ces cas de figure dans un compte unique puisque la plupart des collectivités ont les trois casquettes ?

Aujourd'hui, j'effectue un premier essai avec notre directeur des services techniques pour une DICT en tant que maître d'ouvrage. Avant de creuser les fondations pour un chantier en régie, nous souhaitons savoir où sont exactement les réseaux. Nous accédons au site et parvenons à établir la cartographie de l'emprise de notre chantier. Puis, le lien vers un dossier nous arrive par courriel. Il s'agit d'une série de fichiers PDF : les formulaires Cerfa pré-remplis. Super ! Où se trouve le bouton "envoyer" pour le transmettre à ErDF, France Télécom, etc. ? Eh bien nulle part, il faut imprimer les formulaires et les envoyer ! La notice me confirme qu'effectivement le téléservice n'est pas une plafeforme d'envoi de documents. Donc imprimer, signer, photocopier, envoyer chaque Cerfa (alors qu'avant nous n'en remplissions qu'un seul). Vive le progrès.

Pourquoi construire de tels outils pour ne pas aller au bout de la démarche ? Sans parler du temps passé à se l'approprier, un temps qui est transparent pour nos élus, et sans aucune valeur ajoutée. Grosse déception.




07/11/2013

Sexisme, encore

Un petit exemple tout simple qui illustre à quel point les mentalités sont longues à évoluer : je reçois par courriel un catalogue de tenues professionnelles pour le restaurant scolaire. Le titre du message est : "tenues dames école". La fameuse "dame de service" a de beaux jours devant elle...