Journal d'une attachée détachée - Page 5
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Le chaud et le froid
C'est à n'y rien comprendre : d'un côté le gouvernement laisse filtrer des annonces sur le gel des primes et avancements des fonctionnaires, de l'autre il passe le 29 janvier 2014, presque en catimini, une série de décrets incluant une revalorisation substantielle des indices de rémunération en catégorie C. Quand on n'est pas dans le cénacle, on ne comprend pas la stratégie, mais pour quelqu'un de l'extérieur, c'est encore pire ! C'est comme si on disait à l'ensemble des Français : voyez, même les fonctionnaires vont faire un effort, et qu'en même temps on leur donne par derrière une petite récompense pour les faire taire (et les remercier d'avoir largement voté Hollande). -
Dans la série "les gens ne sont jamais contents" (2)
Régine-trente-cinq-ans-de-mairie me fait remarquer une fois de plus que nous consommons des quantités grandissantes de papier. C'est son antienne. Je suis obligée d'en convenir, en lui rappelant que certes nous recevons beaucoup moins de courrier papier et beaucoup plus de courriels, avec des pièces jointes que nous imprimons, mais que nous faisons des économies par ailleurs (déjà on gagne un temps fou à l'enregistrement du courrier "papier") et que nous aussi nous envoyons des pièces dématérialisées.
"Tiens, justement, cette année on peut envoyer la liste électorale sous forme dématérialisée. Vous l'avez fait pour la liste complémentaire ?
- Non, j'ai pas confiance."
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Dans la série "les gens ne sont jamais contents"
Une collègue s'en va dans dix jours en congé maternité. Elle ne cesse de traquer la faute chez la personne qui a été recrutée pour la remplacer. Je finis par lui faire remarquer que, si nous avions recruté une "perle", elle serait partie avec la peur de se faire supplanter par cette personne, comme cela arrive parfois... Alors, entre la peste et le choléra, elle n'a pas le choix, il va bien falloir accoucher ! -
Pourquoi dit-on un P 503 ?
Comme beaucoup de DGS, j'ai appris les finances publiques sur le tas. D'ailleurs, hormis des formations généralistes qui englobent le droit public, les finances, etc., existe-t-il un diplôme de comptable public, de niveau bac pro par exemple ? Finalement, nous sommes tous des autodidactes en la matière. Ce qui explique pourquoi, lorsque je téléphone au trésorier, j'ai toujours la même hésitation que l'écolier face au maître. J'ai l'impression que je vais me faire taper sur les doigts, et ce même après 15 ans d'expérience et après avoir piloté des budgets de plusieurs millions. Et le trésorier, au bout du fil, m'assène comme à plaisir des nomenclatures exotiques, des écritures d'ordre que je note fébrilement, des états fiscaux et autres P 503. Comment font-ils pour retenir tout cela ? Le pire, c'est pour les budgets de lotissement, une sombre mécanique dont seul l'inventeur sait le secret, et qu'on se contente de recopier bêtement. Et puis, je ne sais jamais comment prononcer les numéros de compte : 21571, dit-on deux-cent quinze soixante et onze ou vingt-et-un cinq cent soixante et onze ? Cette mélasse dans laquelle beaucoup d'entre nous sommes plongés, c'est un véritable tabou qu'il va falloir lever un jour ! Et, pour commencer, j'aimerais bien savoir pourquoi on dit un P 503... -
Le business des annonces légales
Tiens, voilà une question que je me pose tout à coup : est-ce que l'argent des annonces légales va entièrement au support de communication ? Est-ce que les journaux reversent à l'Etat une taxe sur les annonces légales ? Quand on voit le prix des annonces pour la moindre enquête publique (plus de 500 € pour notre enquête publique de PLU), et sachant que nous sommes plus de 40 000 collectivités territoriales à pouvoir publier des annonces légales, ça fait un joli montant... Après quelques recherches, je vois que la loi en vigueur remonte à René Coty. L'annonce légale, serait-ce plus juteux que le parfum ?