UA-114308868-1

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Journal d'une attachée détachée - Page 25

  • Droit dans ses votes

    Une secrétaire ordinaire commence l'année en regardant comment tombent les jours fériés, les mercredis où exceptionnellement il y aura école et si elle a ses enfants le dimanche de la fête des mères.

    La secrétaire de mairie commence par regarder s'il y a des élections et prie pour qu'il n'y ait pas deux tours.

  • Au placard

    Aux archives, je passe en revue plusieurs cartons et tombe soudain sur une pile de boîtes de chocolats*. Elles sont neuves, certaines encore sous blister. Hourra, j'ai trouvé la planque !

     

    *Une mairie qui se respecte doit se voir offrir, au moment des fêtes puis des voeux, une quantité de boîtes de chocolat suffisante pour rassasier tout le service durant deux mois. Cette quantité variera selon des facteurs économiques externes, mais sera surtout fonction des menus services rendus durant l'année, photocopies gratuites, dossiers arrangés à l'amiable, conseils avisés.

  • De l'art de se disperser

    La crémation est de plus en plus pratiquée. Mais ce qui reste de nos restes a un devenir : tout comme chez les vivants, il y a ceux qui se posent là et ceux qui se dispersent. Nos élus, toujours habiles avec les urnes, ont pondu une loi en décembre 2008 qui interdit de conserver le contenant de l'ascendant à son domicile. Autant dire que les services des mairies ont intérêt à se préparer à répondre illico à toutes sortes de questions sur la dispersion des cendres. Sans tourner autour du pot, la loi l'autorise "en pleine nature", suffisamment loin des voies de circulation. Bon.

    J'ai face à moi une dame chez qui son fils souhaite disperser les cendres de sa femme trop tôt disparue.

    "Vous comprenez, ce que je ne veux pas, c'est que ça devienne un lieu de recueillement chez moi...

    - Mais vous n'y pourrez rien, dès lors que les cendres auront été dispersées, ce sera un lieu de recueillement.

    - Oui, mais si je vends ?"

    Euh... je tâche de réfléchir rapidement. Nous sommes bien "en pleine nature" puisque ce sont des champs, la loi ne précise pas la destination du terrain. Soudain j'imagine notre législateur instaurer une servitude de recueillement, qui s'imposerait dans l'acte notarié au nouvel acquéreur... Tâchant de maîtriser le fou-rire, je visualise une carte des servitudes de recueillement, façon saupoudrage, dans le plan local d'urbanisme déjà truffé de servitudes de passage, de périmètres de protection de captage, de zones de développement éolien, de zones de survol des grues (pas les oiseaux), de zones de protection spéciale Natura 2000 pour les grues (les oiseaux), de ZNIEFF, de ZRR... Ajoutons 'une servitude de recueillement et plus une parcelle de terrain ne pourra être vierge de tout zonage. Il faudrait créer une commission pour réfléchir à l'étendue du périmètre, en fonction des vents dominants, et...

    "Alors, si je vends ?"

  • Evaluation, notation, régression

    L'entretien d'évaluation s'achève. Après avoir fait un bilan de l'année et évoqué les possibilités d'avancement, je m'apprête à conclure. En face de moi, la collègue se tortille sur sa chaise mais semble globalement satisfaite de l'appréciation qu'elle reçoit. Je lui demande si elle a des questions.

    "Euh, non. Si... votre chat, il va bien ?

    - Euh... oui, pourquoi ?

    - Parce que le nôtre, il est malade, il a la grippe du chat. Vous savez, nous, on n'a pas d'enfant, alors notre chat, c'est tout pour nous.

    - Ah, je suis désolée, mais il va se remettre. Donc vous n'oubliez pas de repasser en début de semaine prochaine signer la fiche de notation, hein ?"

  • Parole de vieux DGS

    "Tu sais, le mieux, c'est de faire faire le boulot par les entreprises, c'est bien plus simple. Tu leur dis ce que tu veux et ça ne va pas tu les relances. Au final, moins t'as d'agents à gérer et mieux tu te portes !"